Médecine gratuite (ou presque) à Peyrilles sous Louis XIV ?

Publié le par Mairie de Peyrilles

Si l'on se réfère à un acte notarié (1) et aussi surprenant que cela puisse paraître, près de trois siècles avant la généralisation de la sécurité sociale, la communauté de Peyrilles envisage de mettre en place un service de consultations médicales, peu onéreux, largement ouvert à la population.

A cet effet, le 27 novembre 1678, dans la matinée, sur la place publique où s'assemblent les habitants pour traiter les affaires de la paroisse, se réunissent Pierre Bouchud, curé, André Laborie, prêtre et obituaire, Jean Laborie, bachelier en droit, Jean Bouchud, bachelier en médecine, Pierre Demansse, notaire, Pierre Destruel, praticien, Durand Blaty, greffier, Géraud Blaty, bourgeois, Jean Robere, bourgeois, Joseph Pugnet, Raymond Aldou, Jean Mespoulet, Guillaume Larive, Bernard Vernies, Jean Terrie....

Ceux-ci « faisant la plus grande et saine partie du dit Peyrilles » examinent les moyens pour faire face aux « malheurs qui arrivent dans les familles, accablées par les maladies continuelles et réduites par l'indigence à ne pas faire appel aux médecins, pour trouver un soulagement à leurs maux et épargner les vies ».

Après une longue discussion, cette assemblée décide unanimement :

- la création d'un fonds de 100 livres (2), alimenté par tous les contribuables du lieu assujettis à la taille et prélevé en même temps que les deniers royaux ;

- le versement de ce fonds entre les mains de Durand Blaty, médecin, de religion catholique apostolique romaine, dont la capacité est reconnue par tous. Le versement sera fait en deux termes de 50 livres chacun. L'un à Pâques et l'autre à Noël.

En échange Durand Blaty promet et s'oblige « à servir fidèlement les habitants, visiter les malades à toutes heures quand il sera appelé et donner son ordonnance, sans qu'il puisse exiger un autre salaire que le fonds susdit ».

A cette époque où la nécessité de la protection médicale individuelle n'est pas perçue comme une priorité, l'application, la prolongation ou la non reconduction de ce contrat atypique n'est pas connue avec précision. Il n'en demeure pas moins, qu'en cette période plutôt trouble, l'institution de cette « mutuelle » contre la maladie n'est pas considérée à Peyrilles comme un luxe et montre que depuis longtemps sans doute, cette idée humanitaire chemine dans quelques esprits.

(1) Archives départementales du Lot – 3 E 818 / 6 

(2) Unité monétaire de l'époque.

Publié dans Chronique historique

Commenter cet article